L’escale

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L'Escale, photo du manuscrit

La génèse

J’ai commencé à écrire L’Escale en novembre 2021. D’abord, d’une traite, au cas où l’histoire me quitte si je l’abandonnais un instant. Puis, une fois que j’ai eu fini ce premier jet, j’étais si fière et si soulagée. Ça y est, me disai-je, j’ai écrit un roman.

Écrire un roman, c’est plus comme un marathon que comme un sprint ; c’est dommage, dans la vie, je suis plutôt une sprinteuse. Pas que je coure particulièrement vite, en fait, je déteste courir. Mais, de fait, je n’ai pas beaucoup de patience ; j’aime donc faire les choses vite, et ne pas étaler mes efforts, que je condense et déploie avec une générosité inconséquente. J’avais donc besoin de croire, pendant un temps au moins, qu’après ce sprint, il n’y aurait « plus grand chose à faire », « seulement réécrire ».

Je me souviens quand même avoir entendu le directeur de l’école Les Mots, Alexandre Lacroix, dans une émission de France Culture, en plein dans cet hiver 2021/2022 « La réécriture, c’est 90% du travail ». Je m’étais dit, bon sang, il exagère, non ? J’espère, en tout cas.

Se relire et constater les dégâts

En janvier 2022, je reprends mon manuscrit pour entamer cette réécriture. Catastrophe, je m’aperçois que… je ne sais pas écrire. Les passages à retravailler sont légion, le rythme ne convient pas, et il manque des bouts d’histoire à des moments cruciaux. Aussi, j’ai créé de nombreux personnages de passage, pas assez développés, et qui se perdent en chemin.

Je commence donc un travail de fond : reprendre, chapitre par chapitre, ce qui m’intéresse toujours dans l’histoire, ce que je trouve être un passage au style unique. J’ouvre un document Excel, j’essaie de disséquer ce premier jet pour n’en garder qu’un squelette et commencer une opération de transformation radicale : ici, remplumer, là, dégraisser. Sans compter qu’il faut supprimer des personnages et en épaissir d’autres. Je me pose des questions cruciales, par lesquelles j’aurai sûrement dû commencer : qui est vraiment ce personnage ? quelles sont ses motivations ? où doit-il arriver ?

Tout ce travail me prend environ un an.

Puis, en janvier 2023, je m’assois à nouveau sur mon canapé, me sert un thé. Et là, il ne s’agit plus de faire du bricolage avec le premier jet. Je décide de tout reprendre, depuis le début.

Réécriture

Entre janvier 2023 et octobre 2024, je réécris et finalise donc mon premier roman. Je fais de nombreuses pauses, car je ne me peux pas m’empêcher de douter constamment : et si je rajoutais tel personnage ? Est-ce que ma temporalité n’est pas carrément douteuse ? Est-ce que je ne devrais pas complètement changer de projet, en fait ?

J’envoie cette nouvelle version à mes deux meilleurs amis, qui me font des retours enthousiastes et des critiques constructives, qui me permettent de retourner au manuscrit, et de perfectionner quelques scènes.

Enfin, en décembre 2024, je l’envoie à une dizaine de personnes qui me sont chères, ou qui me sont recommandées, pour leur faire lire.

J’ai la chance que L’Escale ait touché – différemment, mais toujours avec une bonne dose d’enthousiasme – tous mes lecteurs jusqu’à présent. Après une dernière correction, issue des retours de ce panel de lecteurs, j’ai envoyé mon manuscrit à des maisons d’édition, en avril 2025. A ce jour (le 16 juin 2025), je suis en attente de retours.

Résumé

L’Escale est un roman choral, dans lequel on suit d’abord Victoria, une journaliste trentenaire destroy et désabusée, qui entretient un rapport conflictuel au monde. Elle va faire la rencontre de deux autres femmes au détour de sa ville, à L’Escale, le bar éponyme. Avec Martine, une retraitée solitaire, et Gabrielle, prof d’art plastique et artiste en panne d’inspiration, elles recréent une communauté autour d’une amitié intergénérationnelle et solidaire.

Ce roman parle de solitudes, de santé mentale, de violences et de quête d’identité, mais aussi d’art et de sororité. Si le texte aborde beaucoup de thèmes lourds, il n’en reste pas moins lumineux sur les possibilités de l’amitié, et plein d’humour, parce que l’humour est un indispensable de mon écriture.

Le rock est un fil rouge de l’identité de Victoria, on y trouve beaucoup de références au cours du récit, et une playlist des titres qu’elle écoute dans le roman est disponible ici.

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